Je suis perché sur un fil électrique, pas très haut, mais assez pour voir les têtes qui s’agitent en dessous. Le vent fait danser les feuilles, et parfois ça fait un bruit comme des petits murmures, ou alors c’est les humains qui parlent fort sans faire exprès. Aujourd’hui, y a un vieux monsieur qui parle à sa tasse de café sur la terrasse d’un bistrot. Pas à un ami, non, à la tasse. Je crois qu’il lui raconte un secret… mais j’ai pas bien tout compris. Peut-être que la tasse est une oreille magique ?

À côté, un chat flippant me regarde. Ses yeux sont deux billes noires, il cligne des paupières comme s’il voulait me lancer un défi. Moi, j’ai préféré faire semblant de dormir. C’est mieux pour comprendre les humains.

Le vieux monsieur chuchote à sa tasse des mots bizarres… genre : « Tu sais, moi, j’ai vu un nuage pleurer hier… » Je me demande si les nuages peuvent pleurer vraiment ou si c’est juste des larmes en poudre. Le monsieur a l’air triste et en même temps, il sourit un peu. C’est comme quand j’essaie de voler droit et que je finis en boucle… pas très logique mais joli quand même.

Une petite fille me regarde. Ses yeux sont grands comme des soucoupes, elle me tend un bout de croissant. Je picore en silence, et je note dans mon carnet invisible : Les humains ont des mains pleines de miettes, mais ils partagent quand même. C’est peut-être ça, le vrai secret.

Dans cet instant suspendu, la magie opère. Les gestes simples des êtres humains révèlent une tendresse insoupçonnée. En partageant un croissant, la petite fille transforme un moment ordinaire en une rencontre exceptionnelle. Cela rappelle l’idée explorée dans Je crois que j’ai compris… puis j’ai oublié, où l’on découvre que les vérités les plus profondes peuvent se perdre dans les méandres de la mémoire.

Alors que le vieux monsieur se lève, son geste discret attire l’attention. Ce papier froissé, porteur d’un message mystérieux, semble promettre une aventure. L’invitation à plonger dans l’inconnu évoque la beauté des rencontres inattendues, un écho aux petites révélations de la vie. Ces instants sont souvent plus précieux qu’ils n’y paraissent. Qui sait ce que chaque mot écrit ou murmuré peut déclencher ? L’imagination s’envole, et la curiosité grandit, prête à déchiffrer le secret de cette phrase énigmatique.

Alors que le vieux monsieur se lève, il glisse quelque chose sur la table. Un papier froissé. Je m’approche, curieux. C’est écrit : « Je t’attends là où les étoiles dansent. » Je crois que c’est un secret d’amour, ou une invitation à un bal de papillons. Ou alors, c’est juste une phrase pour faire joli, comme un refrain qu’un autre oiseau m’a chanté un jour : « C’est trop bien, c’est trop bien… »

Je reste là un moment, à regarder les ombres qui bougent sans prévenir sur le trottoir. Les secrets, ça vole dans l’air, ils glissent entre les plumes et se perdent dans les flaques. Le vieux monsieur est parti, le chat aussi. La fille continue de jouer avec ses miettes.

Je me demande si les secrets, ça se mange. Ou si ça reste coincé dans le bec, comme une idée qui chatouille. Peut-être que je devrais écrire une carte postale pour raconter ça, un truc un peu fou, un peu doux, comme Trop bien

Et puis je m’envole, un peu maladroit, un peu heureux, avec ce secret qui danse encore dans ma tête. Est-ce que les humains savent que je les écoute ? Ou ils croient que je suis juste un piaf un peu rêveur, qui fait des pirouettes dans le vent… ?