Je me pose sur un fil, pas trop haut, pas trop bas. Juste là, où je peux voir les gens sans qu’ils me voient trop. Le vent chatouille mes plumes, ça sent un peu le pain chaud qui s’envole des boulangeries. J’aime bien cette odeur, elle me fait penser aux miettes que j’aimerais bien trouver, même si c’est jamais garanti.
Là, devant moi, un banc. Un vieux banc tout craquelé, comme une peau de lézard fatigué. Un homme s’assoit dessus. Il a l’air tout petit, son dos est voûté, comme s’il portait un sac invisible rempli de cailloux. Il regarde ses mains, puis le sol, puis le ciel. Il fait des bruits bizarres, un peu comme quand on étouffe un cri. Je crois que ça s’appelle pleurer. Peut-être qu’il a avalé un nuage trop lourd.
Un chat passe, tout noir, avec des yeux qui brillent comme des étoiles timides. Il me fixe, moi, le piaf naïf. Je fais semblant d’être occupé à regarder un bout de ficelle, mais je l’entends ronronner dans sa tête. Le chat, il comprend pas pourquoi l’homme pleure. Moi non plus, en fait.
Un enfant arrive en courant, il s’arrête net, me regarde, et sourit. Je lui fais un petit clin d’œil de l’œil, mais il croit que c’est un insecte bizarre. Il rit et s’en va. L’homme, lui, continue à pleurer. J’ai envie de lui dire que ça va passer, que les larmes c’est comme la pluie, ça nettoie un peu l’air. Mais je ne peux pas. Je suis un piaf, pas un poète.
Les émotions des humains sont parfois aussi imprévisibles que le vent. En observant cette scène, une pensée me traverse l’esprit : chaque larme versée est une histoire, une expérience partagée. Cela me rappelle un autre piaf qui a un jour dit : « J’ai raté mon envol et tant mieux. » Ce message résonne avec force, car il souligne que chaque échec peut ouvrir la voie à de nouvelles perspectives. Les humains, avec leurs combats et leurs espoirs, sont comme des oiseaux qui apprennent à voler à travers les tempêtes.
Ces réflexions me poussent à me plonger davantage dans l’univers des émotions humaines. Parfois, il suffit d’un moment, d’un sourire ou d’un clin d’œil pour rappeler à un autre que l’espoir reste vivant. Dans ces instants, on peut comprendre que, même si parfois on oublie nos leçons, comme le dit si bien le titre de l’article Je crois que j’ai compris… puis j’ai oublié, chaque expérience compte. La vie continue, et chaque jour est une nouvelle occasion d’apprendre et de grandir. N’est-ce pas là la beauté de l’existence ?
Je note tout ça dans mon carnet invisible. Ça fait des zigzags dans ma tête, des mots qui tournent en rond. Je me souviens d’un vieux moineau qui m’a dit un jour : « Les humains, c’est comme les feuilles mortes, ils tombent, mais ils espèrent toujours remonter. » Je comprends pas tout, mais j’aime bien l’idée.
Je regarde encore l’homme. Ses épaules tremblent un peu moins maintenant. Une passante passe, elle lui jette un regard triste, mais doux, comme une caresse de vent. L’homme essuie ses yeux, se lève lentement. Il part, sans un mot, comme un oiseau qui reprend son vol après la tempête.
Moi, je reste là, perché, à penser que parfois, pleurer c’est peut-être juste un moyen de parler au silence. Ou alors, c’est juste que les bancs sont faits pour ça. Pour accueillir les histoires sans paroles.
Ah, et si vous voulez une carte postale pour parler de ces moments bizarres où tout est un peu trop et pas assez, j’en ai une ici, que je trouve trop bien : Trop bien.
Bon… je vais essayer de voler droit. Ou au moins faire semblant. Parce que parfois, les larmes, ça donne le tournis…





