Je suis perché sur un fil, pas très haut, juste là où l’air sent un peu le pain grillé et un peu le vieux tabac du café au coin. Une feuille tombe doucement. Elle tourne, elle danse. Je me demande si elle s’amuse ou si elle a peur. Elle me parle, je crois. Pas avec des mots, non… avec des frissons, des bruissements.
« J’ai vécu sur l’arbre, là-haut, tout en haut… » me dit-elle, ou alors c’est le vent qui invente, je ne sais plus très bien. Elle me raconte sa vie en tremblant. Elle a vu le soleil, la pluie, une abeille maladroite qui s’est posée dessus. Elle a senti le temps passer, comme un chat qui ronronne doucement sur un canapé.
Un vieux moineau passe, il me regarde de travers, comme s’il voulait me dire : « T’es sûr que t’as compris ? Les feuilles, ça parle pas, c’est juste le vent qui fait du bruit. » Peut-être. Mais moi, j’aime bien croire que les feuilles ont des histoires, comme les humains ont des secrets.
En bas, sur le trottoir, un enfant regarde en l’air, il me cherche. Je saute sur un banc, il sourit. Il a des yeux qui brillent un peu comme des étoiles, ou comme les flaques après la pluie quand le ciel se déguise en miroir. Je me demande s’il comprend que je l’observe… ou s’il croit que je suis juste un petit bout de soleil qui bouge.
Un chat flippant passe en courant. Il me regarde comme si j’étais un sandwich. J’ai envie de lui dire que je suis un piaf, pas un casse-croûte. Mais il ne comprend pas. Il continue sa course folle, et moi je reviens à ma feuille.
Elle est presque par terre maintenant. Elle hésite, elle tremble. Puis elle se pose, tranquille. Je pense à toutes les fois où je suis tombé sans savoir où j’allais. C’est pareil, non ? Tomber, c’est juste une autre façon de voler. Mais sans les ailes.
Je griffonne dans mon carnet invisible, un mot après l’autre. La feuille a fini sa danse. Moi, j’ai fini ma pensée… Ou peut-être pas. Je me répète sans cesse : « C’est le vent qui parle, ou c’est la vie qui chante ? » Et je ne trouve jamais la réponse.
Dans cette quête de réponses, les pensées s’éparpillent comme des feuilles au gré du vent. Chaque mot, chaque pause, se transforme en écho d’histoires oubliées, comme celles narrées dans Il n’y avait plus personne dans la rue. Les idées tourbillonnent, se mêlant à des souvenirs d’un temps où la vie semblait plus simple, plus légère. L’esprit vagabonde, se demandant si d’autres, ailleurs, ressentent cette même mélancolie, cette même quête de sens.
Peut-être que les feuilles, au-delà des frontières, chuchotent des récits similaires, tissant un lien invisible entre les âmes. En devenant un pigeon voyageur, il serait possible de découvrir ces histoires partagées, de comprendre si chaque souffle de vie reflète un écho du passé. Les horizons lointains appellent, et la promesse d’un voyage enchanteur éveille la curiosité. Qui sait quelles vérités se cachent derrière le murmure des feuilles, là-bas, loin, très loin ?
Demain, je voudrais bien être un pigeon voyageur. Juste pour voir si les feuilles se racontent les mêmes histoires, là-bas, loin, très loin.
J’ai entendu un autre piaf dire un jour : « Les feuilles, c’est les lettres que la nature s’envoie. » C’est joli, non ?
Et la feuille ? Elle dort maintenant. Moi, je m’envole… mais pas très loin. Encore un peu hésitant, comme toujours.
Ah, et si vous voulez voir une carte postale qui parle un peu de ces petits moments bizarres et doux, c’est par ici : Trop bien… Je vous la recommande, elle a un goût de croissant chaud.
Bon, je crois que j’ai assez raconté pour aujourd’hui… Ou pas.
Parce que, vous savez… la vie, c’est un peu comme une feuille qui tombe. On ne sait jamais où on va atterrir.
Pfff… encore raté, j’ai fait une boucle en m’envolant. Peut-être que je pense en rond.





