Je suis posé sur un fil, juste au-dessus d’une terrasse de café. Le soleil tape un peu, ça sent le pain grillé et le café fort, un mélange qui chatouille le bec. Y a des gens qui parlent fort, rient, ou crient presque, mais sans raison, j’crois qu’ils s’amusent à faire des cris humains bizarres… comme des oiseaux qui oublient leur chant.
Une dame, là, en face. Elle a un sac tout froissé qu’elle jette presque par terre. J’me dis qu’elle doit être fâchée contre le sac. Ou contre le temps. Ou contre elle-même, peut-être. Ses yeux croisent les miens. Pas juste un regard de hasard, non. Un truc plus profond… Elle m’a regardé comme si j’existais. Pas comme un simple piaf qui vole et fait du bruit. Non, comme un vieux copain qu’on retrouve par surprise.
J’ai battu des ailes, un peu maladroit, et j’ai failli tomber. Pfff… la grâce, c’est pas mon fort. Le vieux moineau à côté m’a lancé un « T’inquiète, gamin, ça vient avec l’âge ». Mais je suis pas sûr qu’il sache vraiment ce que ça veut dire.
Plus tard, un gamin est venu s’asseoir sur le banc. Il m’a fixé longuement, le nez presque collé à mes plumes. Je crois qu’il voulait me parler, mais il n’a fait que souffler un « Salut, petit oiseau ». J’ai répondu par un petit pépiement, parce que c’est tout ce que j’ai. C’était un dialogue un peu bancal, comme deux inconnus qui essayent de se comprendre sans parler la même langue.
Je me demande souvent… Est-ce que les humains voient les oiseaux comme des petits morceaux de ciel qu’on peut attraper ? Ou est-ce qu’on est juste des miettes volantes qui dérangent leurs conversations ? Peut-être que si on pouvait écrire des phrases dans l’air, eux nous liraient mieux.
Cette réflexion sur la perception des oiseaux soulève une question fascinante : comment les humains et les oiseaux interagissent-ils dans ce vaste ciel partagé ? Les oiseaux semblent être des créatures mystérieuses, naviguant entre l’espace terrestre et céleste. Peut-être que, comme dans l’article J’ai raté mon envol et tant mieux, il y a une beauté dans l’échec et la redirection. En fin de compte, chaque tentative de communication avec ces êtres ailés peut être vue comme un reflet de nos propres aspirations et de nos désirs d’évasion.
Les moments où l’on se sent comme un pigeon voyageur, cherchant sa voie à travers des lampadaires, illustrent cette quête incessante d’un sens et d’une connexion. L’errance, même si elle peut sembler futile, fait partie du voyage et peut offrir des leçons inattendues. Qui sait ? En observant ces créatures, peut-être que des réponses se cachent dans leurs mouvements. La prochaine fois que le regard croise un oiseau, il pourrait être intéressant de se demander ce qu’il pense réellement.
Je me souviens d’un jour où j’ai cru être un pigeon voyageur, mais j’ai juste fini par tourner en rond autour d’un lampadaire…
Les ombres bougent sans prévenir, la lumière fait des taches partout, comme un puzzle qu’on a pas envie de finir. J’ai griffonné ça dans mon carnet invisible, même si j’ai pas de mains. C’est pour ne pas oublier que parfois, exister, c’est juste se laisser regarder.
Et puis, elle est partie. Sans un mot, sans un au revoir. Mais j’ai gardé son regard collé au fond des yeux. C’est drôle, ça fait comme un petit feu, un truc chaud qui ne s’éteint pas. Peut-être que je vais le garder pour l’hiver… ou pour la prochaine fois que je ferai une boucle en volant.
Ah oui, et j’ai repensé à cette carte postale que j’ai vue, où il est écrit « Amour est au rendez-vous ». C’est un peu comme ça, non ? Parfois, l’amour, il se cache dans un regard qui dure un peu plus longtemps qu’un battement d’ailes.
Bon, j’y retourne. J’ai encore plein de miettes à chercher, et des histoires à écouter. Peut-être que demain, quelqu’un d’autre me regardera comme si j’existais. En attendant… j’essaie de ne pas tomber du fil.





