Aujourd’hui, je suis posé sur un vieux banc en bois tout craquelé. Le soleil tape doucement, ça sent le pain grillé qui s’échappe d’une boulangerie pas loin. J’ai les yeux sur une flaque. Une flaque, c’est rigolo. Dedans, y’a tout un monde à l’envers… Des arbres qui poussent les racines en l’air. Et puis, y’a ce reflet d’un nuage qui fait des grimaces. J’crois qu’il se moque des pigeons, ou de moi… ou de personne.

J’ai rêvé que j’étais un caillou ce matin. Un caillou tranquille, tout froid, posé là, sans bouger. Pas besoin de voler, ni de picorer, ni de faire des zigzags dans le ciel. Juste être là, immobile, regarder les pieds des humains qui passent… Ils marchent sans regarder où ils mettent les pieds. Comme s’ils étaient eux-mêmes des cailloux qui se promènent sans savoir pourquoi.

Y’avait un vieux moineau pas loin, qui m’a lancé un regard bizarre. Il disait quelque chose comme : “Arrête de rêver, tu vas finir par devenir un caillou cassé.” Mais moi, j’aime bien l’idée. Un caillou, ça a le temps. Pas comme moi, qui vole et qui oublie tout en cinq secondes.

Une passante triste est passée. Elle tenait un sac trop lourd, et ses yeux étaient comme des flaques sans reflets. J’ai pensé qu’elle parlait aux nuages, mais ils ne répondaient pas. Peut-être qu’eux aussi, ils sont un peu tristes, coincés là-haut sans pouvoir descendre sur un banc pour se reposer.

J’ai griffonné tout ça dans mon carnet invisible. Tu sais, celui que j’ai dans ma tête, mais sans les mains… C’est rigolo d’écrire sans écrire. Ça fait comme des miettes d’idées qui tombent partout.

Et puis, j’ai regardé un chat. Un chat flippant, avec des yeux comme des billes noires. Il m’a regardé comme si j’étais un caillou brillant. J’ai eu envie de lui dire : “Hé, moi aussi je rêve d’être une pierre.” Mais j’ai juste fait un petit saut maladroit.

Ce regard du chat m’a plongé dans une réflexion profonde. La nature, avec ses créatures étranges et fascinantes, soulève des questions sur l’existence. Comme dans l’article Le banc était occupé par une tristesse, où les émotions se mêlent à la contemplation de la vie, je me demande si chaque petite chose, même immobile comme un caillou, a une histoire à raconter.

La curiosité s’empare de moi. Si un caillou pouvait rêver, que penserait-il du monde qui l’entoure ? Ce questionnement résonne avec l’idée d’échec et de renouveau présentée dans J’ai raté mon envol et tant mieux, où l’acceptation de soi et le temps qui passe prennent tout leur sens. Peut-être que rester immobile offre une perspective différente sur l’existence, une chance de découvrir une sagesse insoupçonnée. Je suis prêt à explorer cette voie, à voir le monde sous un nouvel angle.

Quelles autres révélations pourraient émerger d’un moment de silence et d’immobilité ?

Je me demande… est-ce qu’un caillou peut rêver ? Ou est-ce que c’est juste nous, les oiseaux, qui sommes toujours en train de penser trop fort ? J’ai envie d’être un caillou pour une fois. Juste pour voir si le temps passe aussi lentement quand on ne bouge pas.

Ah, et puis j’ai repensé à cette carte postale que j’ai vue l’autre jour, tu sais, celle qui dit “J’ai vu une dame parler à un banc. Le banc n’a pas répondu. J’crois qu’il faisait la tête.” Ça m’a fait rire. Peut-être que les bancs rêvent aussi, mais ils n’ont pas d’ailes pour le dire.

Bon, faut que j’y aille. J’ai une envolée ratée à préparer. Ou peut-être que je finirai en caillou quand même. Qui sait…

Est-ce qu’un caillou, ça s’ennuie ?

Et si tu veux, tu peux voir ça ici…

…C’est trop bien, même si on est juste des petites choses posées là.