Je suis perché sur un fil. Pas le fil du téléphone, l’autre, là, celui tout en haut, qui grince un peu quand le vent s’en mêle. Le vent, aujourd’hui, il est malin. Il me souffle dans les plumes comme s’il voulait me chuchoter un secret… sauf que son secret, c’est ma chanson qu’il me vole. Oui, ma chanson. Celle que j’avais dans le bec, toute fraîche, toute légère, toute jolie. Pouf. Disparue. Emportée par les rafales. J’suis là, tout bête, à répéter dans ma tête : “La la la… la la la…” mais ça sonne creux, comme un verre vide qu’on secoue.
En bas, y’a un vieux moineau qui tricote des mots. Il dit que le vent, c’est un voleur poète. Moi, je crois qu’il a bu un peu trop de pluie ce matin. Parce que les poètes, ils sont censés écrire des trucs doux, pas piquer les chansons des piafs naïfs comme moi.
Je regarde la terrasse d’un café. Y’a un homme qui parle tout seul à son café. Le café, il répond pas. Peut-être qu’il est timide. Ou qu’il est froid. Ça sent le pain grillé et les miettes de croissant. J’aimerais bien en piquer une, mais j’ai pas de mains. J’ai que mon bec, et le vent, qui lui, s’amuse à me taquiner.
Une dame passe. Elle a l’air triste. Elle serre son sac comme si c’était un trésor fragile. Je parie que dans son sac, y’a des souvenirs qui font mal. Elle regarde le ciel. Ou plutôt, elle parle aux nuages. Ils doivent être très gentils, les nuages, parce qu’ils écoutent toujours. Moi, j’aimerais leur dire que le vent a volé ma chanson… mais ils sont trop loin.
Un chat flippant traverse la rue. Il me regarde avec des yeux ronds, comme si j’étais un sushi. J’essaie de faire le malin, mais j’ai juste envie de faire demi-tour. Le vieux moineau me lance un regard moqueur, genre : “Ah, t’es pas si courageux que tu crois, hein ?” Pfff… il a peut-être raison.
Je griffonne dans mon carnet invisible — vous savez, celui que j’ai pas, mais que j’imagine pour écrire mes pensées de piaf. J’y note : “Le vent est un voleur, mais peut-être qu’il est juste pressé, comme le temps. Peut-être que ma chanson, elle voulait juste voyager un peu.” Ça sonne pas très clair, mais ça me fait du bien.
Un enfant m’observe. Il a des yeux grands comme des soleils. Je crois qu’il essaie de comprendre pourquoi je chante sans voix. Ou peut-être qu’il pense que je suis un petit nuage jaune qui a oublié comment flotter. Je lui fais un clin d’œil. Je crois que c’est un clin d’œil. C’est dur avec un bec…
Dans ce monde flottant, chaque instant semble suspendu, comme une feuille sur le point de quitter la branche. En parlant de feuilles, l’histoire d’une feuille qui a raconté sa vie révèle des secrets insoupçonnés sur le voyage des choses simples. Peut-être que cette feuille, tout comme moi, a ressenti le souffle du vent et l’appel de l’aventure. Les souvenirs s’entrelacent et se mêlent, créant un ballet délicat entre le ciel et la terre.
Alors que mes ailes se déploient timidement, je me laisse porter par les courants invisibles. Les pensées dansent autour de moi, un peu comme les feuilles d’automne qui s’éparpillent au gré des rafales. Chaque battement d’ailes est une invitation à explorer ce qui se cache derrière l’horizon. Laissez-vous emporter par cette narration poétique et découvrez les récits cachés dans les détails, comme cette feuille qui a tant à partager. Après tout, chaque voyage commence par un simple envol.
Le vent se lève encore. Il me chatouille les plumes et emporte mes pensées comme des feuilles mortes. Je prends mon envol, un peu bancal. Une boucle, deux boucles… Peut-être que je pense en rond. Ou peut-être que c’est le vent qui joue dedans.
“La la la… la la la…”
Ma chanson, elle est partie danser avec le vent. Moi, je reste là, à rêver qu’un jour, elle reviendra me raconter ce qu’elle a vu.
Ah, et si vous voulez voir une carte postale qui parle un peu de ce sentiment de fuite et de douceur, y’a celle-ci qui me fait penser à aujourd’hui : Amour est au rendez-vous. C’est comme un baiser porté par le vent.
Bon… je vais essayer de refaire une chanson. Mais sans vent, cette fois. Ou alors, je lui demande juste de la garder un peu. Juste un peu…
Ou alors, je me tais. Voilà.
Et si le vent, c’était juste un ami qui voulait jouer ?





