Je me pose sur un fil électrique. C’est chaud, ça vibre un peu. Le soleil tape fort. Midi pile. Les humains sont là, en bas, comme des fourmis pressées… ou des limaces en vacances, je sais plus. Ils parlent fort, rient, crient — un bruit bizarre, pas comme un chant d’oiseau. J’entends des odeurs de pain grillé et de café qui chatouille les narines. Miam, presque mieux que les miettes.
Mais là, au milieu de tout ça, j’ai vu une étoile. Pas dans le ciel, non non, ça c’est trop facile. Une étoile à midi, ça n’a pas de sens, mais je l’ai vue quand même. Elle brillait sur la manche d’un vieux monsieur, juste à côté d’une terrasse de café. Une petite broche en forme d’étoile, un peu toute cabossée. Elle scintillait comme si elle voulait raconter un secret.
Je me dis que peut-être, les étoiles, elles descendent parfois sur la terre pour se reposer. Ou pour rigoler un peu avec les humains. Parce que ces derniers ont l’air fatigués, la tête pleine de nuages gris. Une dame, un peu triste, regarde son café comme si c’était un trésor qu’elle avait perdu. J’ai envie de lui raconter une blague. Mais je sais pas comment on fait, moi, pour parler aux humains. Alors je reste là, à écouter le silence entre ses soupirs.
Un chat flippant passe en courant, il me jette un regard qui veut dire : “T’es sûr de toi, le piaf ?” J’ai envie de lui répondre “Ben non, mais ça fait du bien de croire.” Le vieux moineau du coin, lui, il ronchonne, comme d’habitude. Il dit que moi, je vois trop de trucs bizarres. Peut-être qu’il a raison… Mais j’écris tout dans mon carnet invisible, pour pas oublier.
Je regarde les ombres. Elles dansent sur le trottoir, elles bougent sans prévenir, comme si elles avaient leur vie à elles. Les humains, eux, ils courent après le temps. Moi, je me demande si le temps, il court vraiment, ou si c’est juste une illusion pour qu’on s’ennuie moins.
Dans cette danse des ombres, il est aisé d’oublier les petites merveilles qui nous entourent. Parfois, un simple moment de réflexion suffit pour réaliser que chaque instant recèle une beauté insoupçonnée. Cette quête d’émerveillement rappelle les réflexions partagées dans Je me suis perdu entre deux pensées, où l’esprit vagabonde entre souvenirs et rêves, cherchant des éclats de lumière dans l’ordinaire.
En poursuivant cette exploration, l’idée de ce que l’on perçoit prend tout son sens. Comme une étoile qui brille même en plein jour, il existe des vérités cachées derrière le bruit du quotidien. Cela évoque également les leçons fugaces de Je crois que j’ai compris… puis j’ai oublié, où la compréhension se dévoile et se dérobe, tout comme ces petites lumières qui illuminent notre chemin. Peut-être est-il temps de s’arrêter et de savourer ces instants éphémères.
Après tout, chaque ombre, chaque étoile, chaque sourire caché contribue à tisser la toile de notre existence.
Et cette étoile… elle me rappelle que même au milieu du jour, il y a des petites lumières qu’on voit pas toujours. Comme un sourire caché dans la poche d’une veste, ou un souffle doux dans un cri.
Je me répète dans ma tête : “Une étoile à midi, ça existe même si c’est pas logique…” Ça fait un drôle de refrain qui monte jusqu’aux nuages.
L’enfant qui m’observe du trottoir me lance un regard curieux. Je crois qu’il comprend, lui. Ou peut-être juste qu’il aime me voir tout petit, perché là-haut, comme un secret.
Je veux lui envoyer une carte postale pour dire ça, alors je pense à Trop bien. Parce que, finalement, c’est trop bien, cette étoile à midi.
Et puis… je saute. Je rate un peu mon envol. Peut-être que les étoiles, elles aiment aussi les chutes.





