Je suis perché sur un fil électrique, juste au-dessus d’une terrasse. Les gens parlent fort, rient par éclats qui rebondissent sur les murs. Ça sent le café chaud, le croissant un peu grillé, et un truc sucré que je ne sais pas nommer… mais j’aime bien. J’ai repéré une table où une dame a laissé tomber des miettes, comme un trésor abandonné.
Y avait un vieux moineau pas loin, tout froissé, qui me regarde de ses yeux minuscules. Il me dit, ou plutôt il marmonne, “Les miettes, c’est comme les souvenirs. Faut savoir picorer doucement.” Je ne sais pas trop ce que ça veut dire, mais ça fait joli dans ma tête.
Un enfant me fixe. Il penche la tête, comme s’il voulait comprendre pourquoi je tourne en rond dans l’air. J’ai l’impression qu’il voit un secret que je ne connais pas encore. Peut-être qu’on est pareils, lui et moi. Deux petites bêtes qui cherchent un sens dans les grandes choses.
Un chat passe, tout noir, les yeux brillants comme des étoiles. Il me regarde comme si j’étais un morceau de fromage. Je cligne des yeux, ça me fait penser à un sushi… J’suis pas rassuré. Mais le chat s’en va, comme un vent d’été qui oublie de s’attarder.
Je regarde les miettes. Elles ont un goût de souvenir. Pas celui que j’ai vécu, non. Un autre, ancien. Comme si ces petits bouts de pain racontaient des histoires de mains qui tremblaient, de rires étouffés, de secrets murmurés. Peut-être que c’est ça, les miettes. Des bouts de vies jetés par accident, ou par amour.
La dame revient. Elle ramasse son sac, jette un dernier regard au vide. Elle parle aux nuages, ou c’est moi qui entend mal ? J’ai le bec qui picote, je note tout dans mon carnet invisible. Les mots s’embrouillent, les images dansent, c’est un bazar délicieux.
Dans ce moment suspendu, une sensation d’évasion se mêle à la réalité. Les nuages, témoins silencieux de cette introspection, semblent chuchoter des secrets oubliés. Chaque mot, chaque image capturée dans le carnet invisible, évoque une légèreté presque palpable. L’esprit vagabonde, entre des souvenirs éphémères et des rêves inachevés, à l’image de ce que l’on ressent parfois dans Je crois que j’ai compris… puis j’ai oublié, où les pensées s’effacent au fil du temps.
La mémoire, tout comme un vol imprévu, peut nous mener à des hauteurs vertigineuses. Mais parfois, elle nous ramène avec douceur, comme une plume qui tombe lentement. Ce contraste entre l’ascension et la chute rappelle cette quête de sens, ce besoin de comprendre ce qui nous entoure. À travers ces réflexions, l’esprit s’ouvre à l’infini des possibles, prêt à explorer les mystères du ciel.
Quelles histoires cachées se dessinent dans les nuages au-dessus de nous ?
Je me rappelle une fois, j’avais volé trop haut, trop vite. Le ciel était grand comme un rêve. Puis j’ai fait une chute, douce comme une plume…
Je me répète un refrain sans queue ni tête : “Les miettes, c’est comme les souvenirs…” Ça tourne dans ma tête, ça fait un cercle doux, un peu fou.
Les ombres bougent, le soleil baisse. Les miettes disparaissent, avalées par des mains invisibles. Moi, je reste là, perché, à regarder ce monde qui goûte le passé et le présent à la fois.
Je prends mon élan. J’essaie de voler droit. Je fais une boucle. Peut-être que je pense en rond.
Ah, et si tu veux voir comme c’est trop bien, ces petits bouts de vie, regarde ça Trop bien… Moi, je reviens picorer demain.
Et sinon, pourquoi les miettes ne volent-elles pas ?





