Je me pose sur un vieux banc branlant, celui qui grince quand on bouge un peu… Ça sent le pain grillé pas loin, et un peu de café, mais surtout la pluie d’hier qui fait des flaques partout. J’aime bien les flaques. C’est comme des petits miroirs pour moi. Aujourd’hui, j’ai vu mon reflet. Un piaf jaune et un peu décoiffé qui me regardait en coin… Moi, quoi.
Je cligne des yeux. L’image bouge aussi. C’est bizarre un reflet. Un peu comme quand je vois un chat dans une vitre et je me demande s’il est dehors ou dedans. Le reflet, il fait pareil, il est là mais pas là. C’est un peu comme un fantôme de piaf, ou un piaf qui joue à cache-cache avec lui-même.
Une dame passe. Elle a l’air triste, elle regarde ses chaussures comme si elles pouvaient lui répondre. Moi, j’essaie de lui parler. Je piaille doucement. Elle sursaute, me regarde, puis baisse la tête encore plus vite. J’crois qu’elle me trouve bizarre. Ou qu’elle est juste trop occupée à parler aux nuages gris qui s’amoncellent.
Un vieux moineau vient se percher à côté de moi. Il a l’air tout froissé, comme un vieux chiffon qu’on oublierait dans un tiroir. Il me dit, d’un air sérieux : « Les reflets, c’est des histoires qu’on se raconte pour ne pas être seuls. » Je pige pas tout, mais ça sonne bien. Je note ça dans mon carnet invisible. Pas besoin de mains, le piaf écrit avec les yeux.
Un chien passe, il renifle la flaque, puis fait un saut de côté comme si elle était un monstre. J’attends qu’il plonge dedans, mais non. Il préfère courir après sa queue. Les humains, les chiens, les piafs… on est tous un peu perdus, non ?
Alors que le chien s’amuse à esquiver la flaque, une question se pose : qu’est-ce qui nous fait vraiment sourire ? Dans les moments de légèreté, comme celui-ci, il est facile de se laisser emporter par la magie des petites choses. Cela rappelle l’histoire de ceux qui, malgré les obstacles, trouvent la joie dans des instants simples. L’article J’ai raté mon envol et tant mieux en parle d’ailleurs très bien, évoquant comment chaque échec peut se transformer en un moment de bonheur inattendu.
Alors que l’eau éclabousse, il est possible de voir au-delà des reflets déformés, de trouver la beauté dans l’absurde. Ce mélange d’innocence et de curiosité, présent chez les animaux comme chez les humains, souligne l’importance de savourer chaque instant. Peut-être que, comme ce piaf sur la carte postale « C’est trop bien », il suffit d’un brin de folie pour transformer le quotidien en un gâteau géant de plaisir. Alors, qu’attendez-vous pour plonger dans vos propres éclaboussures de joie ?
Je m’amuse à faire des ronds avec mes pattes dans la flaque. L’eau éclabousse, le reflet se déforme. Ça me fait penser à ces cartes postales que je vends. Y’en a une que j’aime bien, elle s’appelle « C’est trop bien ». Elle montre un piaf qui sourit comme si le monde était un gâteau géant. Parfois, c’est comme ça que je me sens, même si mon reflet dans la flaque fait des grimaces.
Je me demande si les reflets rêvent aussi…
La dame s’éloigne, le moineau s’envole, le chien aboie au loin. Moi, je reste là à regarder l’eau bouger. Et je me dis que peut-être, mon reflet est un autre piaf qui m’attend quelque part, de l’autre côté de la flaque.
Ou alors c’est juste moi, qui rêve encore un peu trop fort.
Pfff… j’essaie de m’envoler. Je fais une pirouette ratée. Peut-être que je pense en rond… ou en flaque.
Et vous, vous avez déjà vu votre reflet parler ? Moi, j’attends qu’il me raconte une histoire.





