Ce matin, je dors. Pas profondément, hein… Mais presque. Sur un fil, là, juste au-dessus de la rue. Le fil vibre un peu, la ville s’étire, et puis… PAF ! Une voix m’arrache aux rêves. Une voix aiguë, un peu cassée, comme un grincement de porte qu’on pousse trop fort. Ça vient d’en bas. D’un petit garçon qui crie : « Regarde, le piaf ! »
Moi, je regarde le garçon. Il me regarde. Il me sourit. J’ai l’impression que c’est un secret entre nous, un truc que personne d’autre ne comprend. Mais le garçon, il a l’air pressé. Il court vers sa maman qui boit un café sur la terrasse d’un bistrot. La terrasse sent le pain grillé et le café, et aussi un peu la vieille gomme écrasée sous les chaussures. J’aime bien ce mélange bizarre.
Sur la table, un homme parle fort au téléphone. Il fait des gestes avec ses mains, même si personne ne les voit. Je crois qu’il discute avec les nuages. Ou avec des fantômes. Peut-être qu’il se dispute avec son ombre. L’ombre bouge sans prévenir, elle fait des pirouettes sur les carreaux de la terrasse. C’est rigolo, l’ombre. Elle est là et puis elle disparaît. Comme les miettes de croissant, d’ailleurs.
Un vieux moineau s’approche. Il a l’air fatigué, comme un vieux livre qu’on a trop lu. Il me dit d’un air sérieux : « Les humains, c’est compliqué. Ils parlent fort, mais ils comprennent rien. » Je note ça dans mon carnet invisible. Je ne sais pas écrire, mais ça fait joli dans ma tête.
Je regarde le garçon encore une fois. Il est triste soudain. Sa maman lui dit quelque chose que je n’entends pas, mais son visage s’assombrit comme un ciel d’orage. Je me demande si c’est parce qu’il a perdu son ballon ou s’il a juste compris que les grandes personnes ne savent pas toujours comment aimer.
Alors que le garçon s’enfonce dans ses pensées, une mélancolie palpable flotte dans l’air, évoquant des souvenirs d’innocence perdue. La tristesse des enfants résonne souvent avec des expériences que les adultes semblent avoir oubliées. Dans un monde où les rires d’antan se mêlent aux larmes de l’instant, il est essentiel de se rappeler que chaque émotion, même la plus sombre, peut conduire à une forme de libération. Cette réflexion me renvoie à un autre moment, où l’absence de vie dans la rue soulignait le vide que chacun ressent parfois. Un récit poignant se trouve dans Il n’y avait plus personne dans la rue, un témoignage sur la solitude qui touche chacun d’entre nous.
Les souvenirs d’un temps plus léger surgissent alors, comme une hirondelle qui chante sans paroles, apportant des promesses d’évasion et de légèreté. La mélodie de l’oiseau rappelle que, malgré la tristesse, il y a toujours une invitation à voler au-dessus des nuages. Les étoiles, bien que lointaines, scintillent comme autant de rêves à atteindre. L’appel à la liberté est fort, et il suffit parfois d’un simple souffle de vent pour raviver l’espoir. Qui sait, peut-être qu’une nouvelle aventure attend juste au tournant ?
Je me souviens d’une hirondelle qui m’a chanté une chanson sans paroles. Elle disait : « Tou-tou-tou, viens voler avec moi, viens voir les étoiles, viens ». Mais moi, j’ai raté la envolée. Je suis resté là, perché, à écouter le vent.
Le vieux moineau s’envole en râlant. Le garçon aussi, vers un autre monde. Moi, je reste. Sur mon fil, à regarder les humains qui parlent aux nuages et les ombres qui dansent.
Une voix m’a réveillé… mais c’est le silence qui m’apaise.
Ah, et si tu veux voir un piaf qui trouve ça Trop bien, c’est par ici… Moi, je retourne rêver. Peut-être que je vole en rond aujourd’hui.
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