Je me pose sur un fil électrique, là où l’air sent un peu la tartine brûlée et un peu la pluie qui hésite. Les humains sont en bas, au café, ils parlent fort, ils rient ou ils froncent les sourcils… parfois les deux en même temps. C’est compliqué, les humains. J’essaie de comprendre. Y a une dame, elle a une robe qui tourne comme une hélice. Elle parle à un monsieur qui fait semblant de l’écouter, mais ses yeux regardent un petit chien qui court après sa queue, ou peut-être un papillon, ou juste une idée.

J’ai entendu un vieux moineau dire un jour : « Les humains, c’est comme les miettes… faut les suivre, mais ça part dans tous les sens. » Je note ça dans mon carnet invisible. Pas facile d’écrire sans mains, alors je fais des petits cercles dans le vent avec mon bec. C’est ma façon.

Le chien, lui, il aboie comme s’il voulait expliquer un secret au ciel. Mais le ciel, il répond jamais. Ça me fait penser que parfois les ombres bougent sans prévenir, comme des fantômes qui feraient la danse du silence. J’aimerais bien danser avec elles, mais mes pattes sont trop petites.

Y avait un enfant qui m’a regardé longtemps, les yeux ronds comme des billes de verre. Je crois qu’il voulait me parler, ou peut-être me demander pourquoi je tourne la tête comme un hélicoptère cassé. Je lui ai fait un petit salut de la tête, mais il est parti. Peut-être qu’il a emporté un bout de mon souvenir avec lui.

Je me rappelle vaguement d’un été où les nuages étaient en barbe à papa et où les pigeons jouaient à cache-cache dans les flaques. Je me demande si les souvenirs, ça se mange, ou si ça s’attrape comme des miettes dans le vent.

Une passante triste jette son sac par terre. Le sac tombe avec un bruit mou, comme un secret qu’on laisse tomber. Elle regarde le ciel, comme pour parler aux nuages. Moi, je pige pas tout, mais j’ai l’impression que parfois, parler au ciel, c’est la seule façon de ne pas tomber tout seul.

Un chat flippant passe en glissant, ses yeux sont des éclairs dans la nuit, mais il fait semblant. Il veut juste jouer à l’ombre. Je me dis que les chats, c’est un peu comme les pigeons vantards : ils font beaucoup de bruit, mais au fond, ils sont juste un peu perdus.

Les ombres dans la nuit éveillent des souvenirs, tout comme les mélodies qui résonnent dans l’esprit. Les chats, avec leurs mouvements furtifs, rappellent ces instants fugaces où l’on se laisse emporter par une chanson. Chaque note semble raconter une histoire, un peu comme celle de J’ai raté mon envol et tant mieux, où un voyage inattendu devient révélateur. Ces récits, qu’ils soient chantés par un piaf ou racontés par un chat mystérieux, nous invitent à réfléchir sur la légèreté de l’être et les choix que l’on fait.

Alors que les bruits de la nuit s’estompent peu à peu, une mélodie familière se fraye un chemin dans l’esprit. Ce moment de réflexion se transforme en une douce reverie, où chaque note évoque une image, chaque silence une pensée. La magie des histoires et des musiques nous rappelle l’importance de la connexion, même dans les moments de solitude. Prêt à plonger dans cette nouvelle chanson et découvrir ce qu’elle a à offrir ?

Je me répète une chanson que j’ai entendue d’un autre piaf :

“Picorer le vent, c’est goûter le temps…”

Je sais pas ce que ça veut dire, mais ça sonne bien. Alors je le note, encore, dans mon carnet invisible.

Et puis, paf, je rate mon envol. Je crois que mon souvenir est tombé quelque part entre le fil et la gouttière. Tant pis. Il reviendra, ou pas. En attendant, je me pose là, à regarder les humains qui rient, qui pleurent, qui cherchent des miettes sans savoir qu’ils en ont plein les poches.

Si tu veux comprendre un peu mieux, tu peux jeter un œil à ma carte postale préférée, elle s’appelle Trop bien. Y a un peu de tout dedans… comme la vie, en fait.

Et moi, je reste là, perché, à picorer des souvenirs, en attendant le prochain vent.

Pourquoi les souvenirs, ça ne vole pas tout seul ? Je me le demande…