Je me pose sur un fil électrique. C’est pas très grand, mais ça suffit. En bas, y a un café. Pas un café pour moi, hein… un truc avec des humains qui parlent fort, qui rient, qui font du bruit comme des casseroles qu’on tape. Et puis ça sent le croissant brûlé… ou c’est la pensée qui fait ça ? J’suis pas sûr.
Y a une dame qui parle à son téléphone. Elle a l’air fâchée, pourtant elle sourit un peu. J’me demande si elle se parle à elle-même ou si c’est un fantôme au bout du fil. Une fois, j’ai cru voir un oiseau parler à un mur. Le mur a rien dit, il faisait la tête. Peut-être que les humains font pareil… parler sans que ça réponde.
Un chien passe en tirant sur sa laisse. Il a l’air pressé, comme s’il avait un rendez-vous très important. Il renifle un peu partout, comme s’il cherchait des miettes invisibles. Moi, les miettes, j’adore. Mais faut pas qu’elles soient trop petites, sinon je les rate. Le chien, lui, il comprend rien. Il pense que l’herbe est une piste de course. Je parie qu’il rêve de devenir oiseau. Ou de voler. Ça doit être pratique, voler… même si j’suis pas doué pour ça. Ce matin, j’ai essayé de voler droit. J’ai fait une boucle. Peut-être que je pense en rond.
Un vieux moineau vient se poser à côté de moi. Il me regarde avec ses yeux tout fatigués. Il me dit : « T’as déjà vu un nuage qui s’arrête de bouger ? » J’ai pas répondu. Parce que j’avais pas compris. Mais je note dans mon carnet invisible. Ça fera joli sur une carte postale. Peut-être même comme celle-là, Trop bien, parce que c’est trop bien d’avoir des questions sans réponses.
Un enfant me regarde. Il me fixe comme si j’étais une énigme. J’ai envie de lui chanter une chanson de piaf, mais j’ai que des pépiements bizarres. Alors je fais un petit saut maladroit. Il rit. Peut-être qu’il comprend. Ou peut-être qu’il se moque. On s’en fout.
Dans ce moment suspendu, l’esprit s’égare, s’interrogeant sur l’absurdité des choses. Pourquoi un enfant rit-il d’un saut maladroit ? Peut-être que cette légèreté face à l’inconnu est ce qui unit les âmes. En me remémorant des instants similaires, comme ceux décrits dans Aujourd’hui, personne ne m’a vu, une vague de nostalgie m’envahit. Chaque regard, chaque geste peut révéler des vérités cachées, des réflexions sur le monde qui nous entoure.
Tandis que le silence persiste, l’esprit s’interroge davantage, se perdant parfois dans des pensées qui n’attendent que d’être explorées. Les questions surgissent, flottant comme des ombres, évoquant des thèmes similaires à ceux de Je me suis perdu entre deux pensées. Ces réflexions, parfois absurdes, nous rappellent qu’il est essentiel d’accepter l’inconnu et de célébrer la curiosité. La quête de sens, même dans l’incompréhensible, est un voyage fascinant à poursuivre. Qui sait quelles réponses se cachent derrière les questions que l’on n’ose pas poser ?
Le silence m’a répondu « peut-être ». J’sais pas si c’est une réponse, ou une invitation à continuer à me poser des questions où y a pas de réponse. Comme pourquoi les humains jettent des sacs par terre alors qu’ils ont des poubelles. Ou pourquoi les ombres bougent sans prévenir, comme si elles avaient leur vie à elles.
Je rêve parfois d’être un pigeon voyageur. Pas pour aller loin, juste pour avoir une excuse de partir. Mais j’aime bien être là, perché, à regarder le monde sans que personne me voie vraiment. C’est un peu comme être un secret. Un secret qui pépie.
Je note tout ça dans mon carnet invisible. Même si j’ai pas de mains. Même si ça fait des mots bizarres. Même si ça veut rien dire. C’est joli quand même, non ?
Je saute du fil. Je plane un peu. Puis je tombe. Encore raté.
Peut-être que demain, le silence me dira autre chose… ou peut-être pas.





