Je suis perché sur un fil électrique, tout mouillé… mais pas triste. La pluie tombe en petites gouttes qui glissent comme des billes invisibles. Elle sent la confiture, c’est bizarre, mais j’vous jure. Peut-être que c’est le pain chaud qui sort de la boulangerie d’en bas, ou le souvenir d’un croissant un peu trop sucré que j’ai picoré hier matin, ou alors c’est juste mon bec qui rêve…

Les passants courent avec leurs parapluies ouverts comme des ailes cassées. Une dame avance en parlant toute seule. Elle dit : « C’est trop bien… c’est trop bien… » Je crois qu’elle parle à la pluie, ou peut-être au vent qui joue avec ses cheveux. J’aimerais bien lui dire que moi aussi je trouve ça trop bien, mais je ne sais pas comment faire… alors je reste là, tout trempé, à écouter ses mots qui rebondissent contre les gouttes.

Un vieux moineau se pose à côté de moi, tout sec, lui. « T’es fou, tu vas attraper un rhume, » il me dit d’un air moralisateur, comme s’il connaissait la météo dans tous les sens. Je lui réponds rien, parce que j’aime bien être un peu fou. Et puis, la pluie qui sent la confiture, c’est pas tous les jours.

En bas, un chien tire sur sa laisse, il veut attraper une ombre qui danse dans une flaque. L’ombre ressemble à un poisson, mais c’est juste la lumière. Le chien fait des bonds comme un bouchon sur la mer. J’aimerais bien lui dire que les poissons ne vivent pas dans les flaques, mais je crois qu’il s’en fiche. Lui, il suit son ventre et ses pattes, pas les règles bizarres des oiseaux.

Dans cette ambiance légère, les éclats de rire des enfants se mêlent aux jeux des animaux. Tout autour, la vie s’agite comme un ballet improvisé. Un groupe de parapluies colorés s’élève dans le ciel, rappelant l’article Il y avait une bagarre de parapluies, où chaque accessoire se transforme en protagoniste d’une danse joyeuse. Les rires résonnent, créant une mélodie qui attire les regards des passants, comme l’enfant aux yeux ronds.

Alors que le chien continue sa quête ludique, une ombre s’étire sur le sol, esquissant des formes étranges. L’enfant, curieux, ne peut s’empêcher de s’approcher, fasciné par l’étrangeté du monde qui l’entoure. Il se remémore les histoires d’oiseaux qui volent haut dans le ciel, comme dans l’article J’ai raté mon envol et tant mieux, où la légèreté du vol devient une métaphore des rêves et des aspirations. La dame triste, quant à elle, semble perdue dans ses pensées, cherchant un réconfort dans les nuages. Cette scène, où les rires et les rêves se croisent, invite à s’interroger sur la magie du quotidien.

Ne serait-il pas merveilleux de plonger dans ces récits et d’explorer la beauté cachée dans chaque moment?

Un enfant me regarde, il a les yeux ronds comme des billes. Je lui fais un petit clin d’œil avec mon aile, mais il croit que je cligne des yeux. Peut-être que je suis un peu maladroit pour parler aux humains. Il rit, et puis il court rejoindre une dame triste qui tient un sac trop lourd. Elle jette un regard vers le ciel, comme si elle parlait aux nuages, ou à la confiture de pluie.

Je note tout ça dans mon carnet invisible, celui que je trimballe partout sans jamais l’ouvrir. Je griffonne des mots qui ressemblent à des miettes, des petits bouts d’histoires et de rêves. Parfois j’écris que la pluie, c’est un peu comme un câlin mouillé, doux mais qui fait frissonner.

Je me demande si un jour je pourrai voler jusqu’à la confiture elle-même, là-haut, dans les nuages sucrés…

Et puis je saute du fil pour un envol raté, parce que mes ailes sont encore mouillées. Je tourne en rond, comme une idée coincée dans le bec. La pluie continue de tomber, et moi je me dis que, peut-être, la pluie ne sent pas la confiture. Peut-être que c’est juste que j’ai faim.

Ou alors, c’est le vent qui me raconte des secrets bizarres. Pfff… Encore raté.