Je suis posé sur un fil électrique, juste au-dessus de l’entrée du métro. C’est un drôle de trou, ce métro… On dirait une grosse bouche noire qui aspire les gens. Ils disparaissent dedans, comme des miettes dans une fourmi géante.
Les humains, là-dedans, ils font un bruit bizarre. Un mélange de cris pressés, de souffle court, de râles étouffés. Parfois, ça sent la sueur et la baguette fraîche, ou un vieux pull qui n’a pas vu la lessive depuis la dernière lune.
Je regarde les jambes qui descendent les escaliers. Elles bougent vite. Trop vite pour moi. Elles portent des sacs, des têtes penchées sur des boîtes lumineuses. C’est quoi ces petites fenêtres ? Des téléphones ? Des cailloux magiques.
Un vieux moineau se pose à côté de moi, il a l’air fatigué. « Le métro, c’est le ventre de la ville, tu comprends ? » il dit en claquant du bec. Moi, je comprends pas tout, mais je hoche la tête quand même. Ça fait sérieux.
Un enfant me regarde, il a les yeux grands comme des soucoupes. Il fait un geste pour m’appeler, je fais un petit saut, mais je suis trop haut. Il rit. Peut-être qu’il croit que je suis un oiseau-spectacle. Ou un pigeon déguisé.
Une dame triste jette un sac à la poubelle. Le sac tombe, rebondit, puis s’immobilise. Elle parle toute seule, ou peut-être aux nuages. Je crois qu’elle leur demande de l’aider à ne pas perdre le sourire. Mais les nuages, eux, ils vont où ils veulent, sans prévenir.
Le métro gronde, un serpent d’acier sous la terre. Il avale, il recrache. Je me demande s’il rêve, lui aussi. Peut-être qu’il rêve de voler, comme moi, mais il n’a pas d’ailes. Juste des roues et des rails.
Je griffonne tout dans mon carnet invisible. Pas facile d’écrire sans mains, mais je fais des petits trous dans l’air. Peut-être que ça compte quand même.
Je me souviens vaguement d’un oiseau qui m’a dit un jour : « Le métro, c’est un peu comme un nid, mais sans branches. » Ça m’a fait drôle, parce que moi, les nids, je les aime bien. Ils sentent le bois, la poussière et les secrets.
Le métro, ce lieu de passage, évoque à la fois la solitude et la connexion. On y croise des visages, des histoires fugaces qui se croisent et se perdent. Comme dans l’article Je me suis perdu entre deux pensées, chaque trajet peut devenir une introspection, un moment où l’esprit vagabonde. On s’interroge sur ces inconnus, leurs rêves, et ce qu’ils laissent derrière eux. Peut-être que, comme cet oiseau m’a soufflé, le métro est un reflet de la vie elle-même, un nid de pensées éphémères.
Alors que le bruit des rames résonne, une vieille dame émerge, son sourire fragile témoignant d’une quête silencieuse. Peut-être qu’elle cherche un croissant, symbole de douceur dans ce monde agité. Cela rappelle l’histoire de J’ai raté mon envol et tant mieux, où chaque moment devient une occasion de savourer l’instant présent. Dans cette atmosphère empreinte de mélancolie et d’espoir, on se demande ce que chaque voyageur aspire à trouver, et si, finalement, le bonheur se cache dans ces petites choses du quotidien.
Je regarde encore. Une vieille dame sort du métro avec un sourire qui tient à peine. Elle regarde autour, cherche quelqu’un. Peut-être qu’elle cherche un croissant. Ou un peu de chaleur.
Je me dis que le métro, c’est un peu comme un rêve qu’on partage tous. Un rêve où on court sans avancer, où on parle sans se comprendre vraiment. Un rêve où les ombres bougent sans prévenir.
Je voudrais bien comprendre. Mais finalement, peut-être que comprendre, c’est voler en rond…
Alors je m’envole, en faisant une boucle maladroite. Encore raté, mais c’est pas grave.
Ah, et si tu veux voir un peu de poésie maladroite, j’ai une carte postale qui dit que c’est Trop bien. Ça me fait penser que même dans le métro, il y a des miettes à picorer…
Et puis voilà.





