Je suis posé sur un fil électrique… Pas le plus haut, pas le plus bas. Juste là, au milieu. Le vent passe. Il a un accent bizarre, comme s’il venait d’un pays où les feuilles parlent sans faire de bruit. Il souffle doucement, mais il raconte des histoires que je comprends à moitié. Peut-être que c’est ça, le secret du vent… il parle tout le temps, mais personne ne l’écoute vraiment.
Devant moi, une terrasse de café. Les humains y sont comme des insectes géants qui boivent des flaques de soleil. Ils rigolent, ils crient, ils gesticulent. Une dame jette un sac en plastique dans une poubelle, mais elle le fait comme si elle lançait un sort. Je me dis que peut-être elle veut envoyer un message au ciel… ou au vent, justement. Mais non, le vent est déjà parti ailleurs, avec son accent à lui.
Un chat flippant traverse la rue. Il me regarde de travers, les yeux comme deux billes de verre. J’ai un peu peur, alors je bouge un peu sur mon fil. Il disparaît derrière un coin, comme un secret qu’on ne doit pas connaître. J’écris ça dans mon carnet invisible, même si je n’ai pas de mains. C’est plus fort que moi… écrire, ça fait croire qu’on comprend.
Un enfant me regarde. Il a les yeux grands comme des lunes. Il ne bouge pas. Je crois qu’il essaie de parler avec moi, mais il ne sait pas encore comment. Alors il fait juste un bruit drôle avec sa bouche. Moi, je lui réponds avec un petit piaillement. C’est notre langue secrète, un peu ratée, mais ça passe.
Le vent s’est calmé. Maintenant, il fait chaud, et ça sent le pain grillé, ce qui est bizarre parce qu’il est loin, le pain. Je ferme un œil. Je me dis que le vent, avec son accent, il doit sûrement voyager plus loin que moi. Peut-être qu’il connaît des choses que je ne saurai jamais… comme pourquoi les ombres bougent sans prévenir, ou pourquoi les humains parlent aux nuages quand il pleut.
Alors que le doux parfum du pain grillé flotte dans l’air, je m’interroge sur les mystères de la nature. Le vent, cet éternel voyageur, semble avoir tant d’histoires à raconter. À l’image de l’hirondelle qui a croisé mon chemin, il porte avec lui les rêves des âmes errantes. Cela me rappelle un autre récit captivant, J’ai raté mon envol et tant mieux, où les échecs se transforment parfois en leçons précieuses. Peut-être que chaque souffle de vent charrie des souvenirs d’autres vies, des instants suspendus entre ciel et terre.
Je pense à ces moments fugaces, à ces pensées éphémères que le vent emporte avec lui. Comme des éclats de rire ou des larmes, chaque émotion semble avoir sa place, là où l’horizon se confond avec l’infini. Peut-être que, comme l’hirondelle, il faut apprendre à écouter le vent pour découvrir les vérités cachées. Après tout, qui sait quels rêves il a déposés au creux de l’oubli ? Il est temps de tendre l’oreille et d’ouvrir son cœur aux murmures du monde.
Je me rappelle vaguement d’une hirondelle qui m’avait dit un jour : « Le vent porte les rêves, mais il oublie souvent où il les a posés. » Je ne sais pas si c’est vrai, mais ça sonne bien dans ma tête.
La dame au sac revient. Elle a l’air triste maintenant. Elle regarde le ciel, puis le vent, puis le café. Elle ne dit rien. Je me demande si elle parle au vent avec son cœur. Moi, je continue d’écrire dans mon carnet invisible. Ça fait un peu comme un poème bancal, mais c’est mon poème à moi.
Le vent revient. Il me parle encore, mais cette fois, j’entends un mot… ou c’est peut-être juste mon imagination. Il dit « Trop bien ». C’est drôle, ce mot, il ne va pas avec le vent, mais ça me fait sourire.
Si tu veux, tu peux voir ce que ça donne quand je dis « Trop bien » en carte postale… c’est ici, mais chut, faut pas le dire trop fort : Trop bien.
Je prends mon envol. Mais je fais une boucle. Peut-être que je pense en rond… Ou peut-être que le vent m’a appris à danser avec son accent… et ça, c’est encore plus bizarre que tout le reste.





