Je suis posé sur un fil électrique… enfin, j’essaye. Le fil est un peu tordu, et moi aussi, parfois. Là, juste au-dessus d’une terrasse de café où les humains bavardent en faisant des gestes bizarres avec leurs mains. Y a une odeur de pain grillé qui flotte, avec un soupçon de café amer. C’est comme si le soleil se faisait du thé aux miettes.

Un pigeon passe en fanfaron. Il me raconte qu’il connaît un endroit secret où les graines tombent du ciel. Je le regarde droit dans les yeux, parce que moi aussi j’aime les secrets. Mais je sais que le pigeon ment. Il ment parce qu’il a peur que je vole son plan. Ou alors il croit à son histoire… Je ne sais plus.

Il m’a dit : « Tu verras, c’est trop bien ! » Alors je lui ai répondu : « C’est trop bien ? » Comme un refrain que j’ai dans la tête depuis ce matin, sans savoir pourquoi. Peut-être que c’est ça, la vie : un truc trop bien qu’on cherche en sautant de fil en fil.

En bas, une dame parle toute seule à un banc. Le banc ne répond pas. J’crois qu’il faisait la tête. Ou alors il n’a juste pas entendu. La dame a l’air triste, mais elle sourit quand même. Je me demande si les humains peuvent sourire avec leur tristesse, ou si c’est comme un oiseau qui essaie de chanter avec une aile cassée.

Un enfant me regarde. Il est là, les yeux ronds comme des billes. Je fais un petit saut pour lui dire bonjour, mais je crois qu’il croit que je suis un jouet. Peut-être qu’il se demande si je vais lui raconter des histoires de nuages ou de miettes volées. Je voudrais lui dire que parfois, j’écris tout ça dans mon carnet invisible, là, sous mes plumes. Mais je n’ai pas de mains. Alors je lui fais juste un clin d’œil maladroit.

Un vieux moineau atterrit à côté de moi. Il me raconte qu’il a vu un chat rôder près de la fontaine. Un chat flippant, avec des yeux comme des trous noirs. Moi, j’ai juste vu son ombre bouger sans prévenir, comme un secret qu’on ne peut pas attraper. Le moineau dit que le chat est un espion des humains. Moi, je pense plutôt que c’est un poète qui cherche un public, mais qui n’a pas de bec pour chanter.

Je rêve d’être un pigeon voyageur. Pas pour les graines ou les mensonges. Pour sentir le vent dans mes plumes, et peut-être retrouver ce lieu secret. Mais y a un truc bizarre : est-ce que les pigeons savent vraiment où ils vont ? Ou est-ce qu’ils volent juste en espérant tomber sur quelque chose de trop bien ?

Dans cette quête de liberté, le voyage prend une dimension mystique. Les pigeons, ces créatures des cieux, semblent naviguer à travers les méandres de l’incertitude. Chaque battement d’aile résonne comme une promesse d’aventure, mais à quel prix ? La question se pose : ces oiseaux se laissent-ils porter par le vent ou traquent-ils un but précis, comme celui évoqué dans l’article J’ai raté mon envol et tant mieux, où l’échec devient une forme de réussite ?

Les souvenirs d’hivers passés, où la neige enveloppe tout d’un silence apaisant, font réfléchir sur le chemin parcouru. Les mensonges, tout comme la neige, peuvent se cacher sous la surface, ne laissant qu’un fragile manteau de beauté. Dans cette atmosphère feutrée, la recherche de vérité prend tout son sens, rappelant qu’il est essentiel de fouiller au-delà des apparences. Que se cache-t-il derrière le vol des pigeons ? La réponse pourrait bien se trouver dans l’exploration de ces récits de vie qui nous entourent.

Je me souviens vaguement d’un hiver où la neige recouvrait tout, même les mensonges des pigeons…

Je regarde encore la dame triste qui parle au banc. J’aimerais lui offrir une carte postale avec mon image dessus, quelque chose qui dit sans dire, comme un secret d’oiseau. Tiens, y a celle-ci qui vient à l’esprit, avec des mots qui dansent : Trop bien. C’est drôle, non ? Parce que c’est trop bien, même quand c’est pas trop.

Le pigeon s’envole, il me lance un dernier « À bientôt ! » plein de promesses. Je crois que c’est encore un mensonge. Ou pas.

Moi, je reste perché, à me demander si les nuages parlent aux pigeons… Ou si c’est juste moi qui leur raconte des histoires.

Et si demain, c’était moi qui leur mentais ?

Ou peut-être pas…

Pfff… Encore raté. Je prends mon envol, et je tourne en boucle, comme une idée coincée dans le bec.